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 Compte-rendus

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\\\ Riki ///
Grand Manitou
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MessageSujet: Compte-rendus   Jeu 22 Avr - 2:37

Jour 0


17h 11.

Sur les rails de la ligne Gare de Lyon – Menours, un RER décrépi qui aurait dû être retiré de la circulation depuis plusieurs années filait au maximum de sa vitesse. A son bord, Waurf, un type à l'air banal mais au regard vif, contemplait le paysage qui défilait derrière la vitre fissurée.
Aucune menotte à ses poignets, aucune crainte de croiser un policier. Ca ressemblait fort à la liberté. Mais ca ne faisait qu'y ressembler.
Après avoir été arrêté pour meurtre de jeune de banlieue, il a choisi d'intégrer une Equipe Mobile de Sécurité pour échapper à la prison. C'était un peu comme la légion étrangère de l'ancien temps : vous signiez et on passait l'éponge sur vos fautes passées. Mais maintenant, il allait devoir obéir aux ordres du gouvernement et surtout de l'autorité suprême à son sommet, Grand Frère.
Sa mission : rétablir l'ordre dans un lycée de banlieue. Un infime sourire se dessina sur ses lèvres : on ne pouvait rêver mieux comme mission.

Grâce à son expérience en milieu hostile, on l'avait nommé chef de l'EMS. Il avait même pu choisir ses deux coéquipiers. Détournant le regard de la vitre, il les analysa du coin de l'œil, assez fier de son choix.
Kion, la petite immigrée taïwanaise, gardait les yeux baissés, apparemment angoissée. C'était sa première mission, et ca se voyait. Mais Waurf savait que l'asiatique serait prête à tout pour l'accomplir : c'était à ce prix qu'elle obtiendrait son autorisation de séjour en France et éviterait ainsi la guerre qui faisait rage depuis peu dans son pays.
Assis à ses côtés, Sergo affichait une attitude toute autre : affalé sur son siège défoncé, l'expression de son visage oscillait entre l'ennui de ce trajet dans une rame de RER délabrée et la soif d'action. Son Colt était clairement visible à sa ceinture, surement un vieux souvenir de l'époque où il était dans l'armée et où il avait détourné des armes en masse pour les revendre à des trafiquants du Moyen-Orient.

C'était à eux trois, Waurf, Kion et Sergo, qu'incombait la tâche de neutraliser les fauteurs de trouble dans le lycée 0770940 D dans la cité-dortoir de Menours. Depuis longtemps lieu d'instabilité sociale et de contestation politique, la situation semblait s'être aggravée depuis peu, surtout avec l'ouverture d'un hôpital psychiatrique près de l'établissement scolaire. Les EMS avaient à peu près carte blanche pour retirer une bonne fois pour toutes à ces salles gosses l'envie de se rebeller.
Se permettant un sourire un peu plus large, le chef d'équipe pensa à ce qu'allaient surement subir ces racailles de banlieue. La mission promettait d'être des plus intéressantes…

La rame ralentit et entra en gare.



Au même moment, de l'autre côté de la ville, les élèves finissaient de sortir de cours tandis que les professeurs rentraient chez eux, dans un état proche de l'envie de suicide. A nouveau les lycéens avaient mené la vie dure à l'équipe éducative, sans que les cris stridents de la CPE ni que les menaces de renvoi n'aient pu y changer quoi que ce soit. Cependant, une inquiétante rumeur s'était propagée dans les couloirs, lancée par un enseignant excédé : une EMS avait parait-il était demandée et allait se présenter sous peu au lycée…
C'était pour discuter de cette sombre nouvelle qu'une bande d'amis, connus pour être les plus importants fauteurs de trouble du secteur, s'étaient réuni à l'orée de la forêt qui faisait face à l'établissement. Drizzt, l'anarchiste mécano ; Jerry, le schizophrène pyromane ; Kevin, le boulet ; Shone, le geek professionnel ; et enfin Julia, la jeune fille délurée.

- Si une EMS intervient sur notre territoire, ca risque de nous compliquer la vie… exposait Drizzt. Jerry lâche ce briquet. Je sais que tu as semé ton accompagnateur mais c'est pas une raison.
- Mais t'en fais pas, se défendit Jerry, il n'y a que quand je suis pas content que je veux mettre le feu partout…
- Le blondinet a raison, intervint Julia en retirant le briquet des mains du jeune lycéen. A jouer avec le feu, on peut se bruler…

Une lueur inquiétante s'alluma dans les yeux de Jerry. Cependant, Drizzt préféra intervenir en leur vidant à tous les deux une bouteille d'eau sur la tête, ce qui les calma immédiatement.

- yo lé pot ya julia ki a sn tshirt mouyé lol ! rigola Kévin.
- Mais c'est qui qui a amené ce boulet ici ? désespéra Jerry en secouant sa tignasse trempée.
- Oui bon là n'est pas le sujet, trancha Drizzt. Une EMS risque de se ramener d'un jour à l'autre dans notre lycée, il va falloir ouvrir l'œil ! On ne va pas laisser faire ces dictateurs qui veulent imposer leurs stupides lois partout ! Alors je compte sur vous tous pour les envoyer dehors dès qu'on les a trouvés.
- Et en attendant de les avoir trouvés, on fait… ? questionna Shone sans lever les yeux de son Iphone.
- Comme d'hab : ce qu'on veut ! Pas de lois, pas de règles, ca c'est la liberté ! Anarchie !

Il brandit son poing vers le ciel, imité par ses camarades dans une cacophonie de cris d'exaltation. Ils n'avaient tous qu'une envie : mener leur vie comme ils l'entendaient, affranchis de l'autorité d'une société qui devenait chaque jour de plus en plus oppressante pour chacun de ses membres. Une vie sans limite, sans interdit. Ils avaient en commun ce rêve qui les unissait, et ils étaient décidés à ne laisser personne le leur retirer.

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"Un sentiment, ça n'existe pas. Mais pourtant ça se sent. Parfois, ça brule. Ça peut faire du mal.
Mais, putain, ce que ça peut aussi faire du bien…
J'aime. Un mot peut tout dire et rien dire. Un sentiment peut tout espérer et rien attendre.
Un rêve peut tout promettre et à jamais être irréel."
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\\\ Riki ///
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MessageSujet: Re: Compte-rendus   Jeu 22 Avr - 21:42

Jour 1



Le Lycéen Enchaîné
Gazette du lycée indépendante

Coupure de courant
Ce matin, aux environs de 10 heures, une coupure de courant a eu lieu dans l'établissement. D'abord localisée dans certaines salles précises, elles s'est très vite étendue à l'ensemble des locaux. Les services d'intendance parlent d'acte de vandalisme et condamnent de facon virulente les "petits comiques" qui ont eu l'idée de voler les fusibles.
Des électriciens ont été appelés et la situation devrait revenir à la normale demain dans l'après-midi. D'ici là, les professeurs devront se passer de tableau numérique et les ordinateurs du CDI resteront éteints. Heureusement que la sonnerie n'a pas été touchée par cette avarie…
A.G.

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Des toilettes explosives
A 13 heures, alors que de nombreux élèves à la mine verdâtre sortaient du réfectoire, une explosion s'est produite dans les WC du Rez-de-chaussée. On dénombre un total de 19 victimes qui occupaient ces WC, et qui souffrent maintenant de graves brulures en plus de l'indigestion habituelle de la cantine. Un membre du personnel psycho-éducatif fait parti des blessés.
A.G.

Une insécurité en stagnation
La vie scolaire a aujourd'hui enregistré un nombre record de signalement de vol. Cependant, le nombre de bagarres dans les couloirs a pour sa part baissé : un seul affrontement a eu lieu en fin d'après-midi. Mme Corbac, la CPE, se félicite de cette baisse mais espère que l'insécurité diminuera significativement dans les jours à venir, grâce à "l'intervention d'une équipe spécialisée pour casser leur sale g***** aux m****** de cette ville". Le TSS reste pour l'instant évalué à 50%.
Une élève préférant garder l'anonymat désire à ce sujet mettre en garde ses camarades : un adulte aurait été apercu ce midi pillant les sacs abandonnés. Ne laissez pas votre sac sans surveillance !
A.G.

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Concours de poésie
Pour lutter contre le désintéressement des jeunes à l'égard de la littérature et des merveilles de la langue, j'ai décidé de lancer un concours de poésie où tous peuvent participer gratuitement. Pour ce faire, faites moi parvenir demain les plus beaux poèmes écrits de votre main. Le sujet est libre et ne souffre aucune limite : laissez s'exprimer votre inspiration !
Je sélectionnerai le texte que j'estimerai le plus réussi et remettrai à son auteur un prix exceptionnel. Alors n'hésitez pas, et réveillez le poète qui sommeille en vous.
Mr Pascart

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MessageSujet: Jour 2   Ven 23 Avr - 19:50

Jour 2



Le Lycéen enchaîné
Gazette du lycée indépendante


Feu de forêt
Ce sont plusieurs centaines d'élèves en pleurs qui se sont recueillis devant le champ de cendres en face du lycée où s'élevait jadis une verte et admirable forêt. La colère et le désespoir se notaient sur tous les visages de ces adolescents qui ont maintenant perdu ce qui leur tenait lieu de foyer. Les principaux fauteurs de trouble ont immédiatement démenti leur implication dans cette tragédie et se sont joints au désir de justice qui anime tous les cœurs.
Les soupçons se portent donc sur le personnel de surveillance du lycée et sur d'étranges inconnus qui auraient été aperçus ces derniers jours. L'incendie a en effet bien servi les forces de l'ordre car il est apparu qu'une réunion de trafiquants avait lieu sous les arbres au même moment, et une douzaine d'entre eux a même péri dans les flammes.
A.G.

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Vols et vandalisme
Après la recrudescence de pillage de sac rapportée hier, la journée d'aujourd'hui est placée sous le signe du cambriolage de diverses salles du lycée. Ainsi, des disparitions d'objets divers et variés ont été signalées dans les labos, le CDI, et même l'infirmerie. La vie scolaire a promis la mise en place de systèmes de sécurité plus performants et le blindage des armoires électriques pour éviter de nouvelles coupures de courant.
Autre acte de délinquance notoire qui a eu lieu aujourd'hui : la mise en place de pièges barbelés dans tous les escaliers de l'établissement. Conséquence de cette plaisanterie originale : 79 dispenses de sport ont été déposées jusqu'à la fin du trimestre.
A.G.

Soucis de canalisation
"Hier, le réseau électrique. Aujourd'hui, les canalisations. Jusqu'où ce lycée tombera-t-il en ruine ?" s'est indigné Julien Valoin, membre du Conseil de Vie Lycéenne, après avoir constaté le non-fonctionnement des toilettes de l'établissement.
A partir de 14 heures, moment auquel les WC sont surchargés d'élèves qui rejettent dans la cuvette leur repas du midi, le réseau d'eau du lycée s'est peu à peu coupé. Un agent d'entretien dépêché sur place a expliqué que ce problème serait dû à des trous percés dans la tuyauterie. Les délégués de classe ont unanimement rejeté cette "excuse bidon (et un bidon percé, en plus)" et appellent l'académie à accorder plus de moyens pour rénover les locaux vétustes avant que la situation ne dégénère.
P.E.

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Agressions dans les couloirs
En une après-midi, 11 étudiants ont été victimes d'agression dans l'enceinte même de l'établissement. Rien de nouveau, me direz-vous… et bien si : alors que les attaques habituelles se passent à 10 contre 1 et ont pour but le racket, ces assauts-là semblent menés par des combattants isolés et bien entrainés. De plus, les victimes ne sont pas dépouillées de leurs possessions.
Pour faire face à cette vague de violence gratuite, la vie scolaire a déclaré envisager la possibilité d'installer des caméras de surveillance dans les couloirs.
A.G.


Bilan du taux de sécurité scolaire :
- Démentèlement d'un trafic +15
- Nombreux vols -10
TSS final : 55

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MessageSujet: Jour 3   Sam 24 Avr - 21:59

Jour 3


Le Lycéen enchaîné
Journal du lycée indépendant
Numéro spécial !

La bombe a retardement à explosé
Lorsque le jour s'est levé sur la ville de Menours, ce matin, rien ne pouvait laisser deviner que des événements d'une telle ampleur allaient survenir. Et pourtant, aujourd'hui, la roue du destin semble avoir accéléré son cours.
Certes, les élèves étaient sur les nerfs à cause de l'incendie. En effet, la violence régnait depuis longtemps dans cet établissement et l'administration semblait avoir accentué ses efforts pour lutter contre. Mais qui aurait pu prévoir qu'en une journée, la révolution s'emparerait de notre lycée ?
Et pourtant, cela est arrivé.

Tout semble avoir commencé avec un mouvement de foule ce matin. Un orateur, Drizzt Do'Urden de 2nde 1, s'est adressé aux élèves rassemblés devant la forêt pour les exhorter de se dresser contre les responsables de cette tragédie : une Equipe Mobile de Sécurité qui avait été déléguée sur place. Echaudés, la masse d'élève était retourné en cours, attendant le moment propice pour agir. Ils n'ont pas été déçus !

Les événements se sont précipités à 13 heures, alors que les étudiants étaient plus énervés que jamais à cause du "repas" de la cantine. L'alarme incendie s'est déclenchée sans raison, poussant toutes les classes à évacuer les lieux et à se regrouper dans la cour. Et c'est alors un spectacle saisissant qui s'est offert à leurs yeux : sur le toit de la cantine et dans le CDI avait lieu un affrontement épique entre quatre valeureux étudiants – Drizzt Do'Urden, Jerry Golay, Julia Eyrague, Shone Kernir – et trois adultes armés jusqu'aux dents de mitrailleuses et de grenades. Ces trois criminels n'étaient rien d'autre que des sbires du gouvernement qui ont tenté d'assassiner quatre élèves sans défense. Heureusement, ils ne se sont pas laissés faire et ont chassé ces meurtriers de notre établissement, aidés spontanément par une foule d'élèves désireux de faire revenir la justice.

La police a bien entendu tenter d'intervenir, mais c'était sans compter sur la cohésion du corps étudiant sous l'impulsion de Jerry Golay. Face à cet état de crise, les lycéens se sont tous unis pour protéger les leurs : un Comité Révolutionnaire Lycéen a été mis en place et a pris le contrôle des locaux. Les cours sont désormais interrompus et un appel à la grève a été transmis à tous les établissements du pays.

C'est un vent de changement qui a soufflé sur notre ville et qui se propagera sans doute bientôt au reste de la nation. Puisque le gouvernement n'a pas su entendre nos revendications, il est maintenant temps de conquérir notre liberté par nos propres moyens. Le temps est venu : levez-vous tous, lycéens ! Brisons ensemble le joug qui nous tient à genoux depuis trop longtemps, dressons nos poings et reprenons le contrôle de notre destinée !
Nous avons ce pouvoir. Nous avons nos meneurs. Suivons-les jusqu'à la victoire.
P.E.

Bilan du Taux de Sécurité Scolaire :
- Révolution -30
TSS Final : 25

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MessageSujet: Jour 4 - Partie 1   Lun 26 Avr - 3:00

Jour 4 - Partie 1



Le Lycéen enchaîné
Gazette du lycée indépendante, et qui le restera


Ce pourquoi nous nous battons
Amis lycéens, c'est peut-être le dernier numéro de notre gazette libre. D'ailleurs, cela s'appelle-t-il encore une gazette ? Ce ne sont que quelques notes prises sur mon carnet, au profit d'une accalmie… Mais nous avons toujours, Andrew et moi, été fidèles à notre rôle de journaliste, et c'est donc jusqu'au bout que nous serons les témoins des événements de notre lycée.

La journée d'aujourd'hui peut se résumer en un mot : chaos. Le chaos des combats, de la souffrance, d'une guerre que nous n'avons pas désirée. Quoique… ne l'avons-nous vraiment pas désirée ? C'est vrai, nous aurions pu nous taire lorsque la botte de l'injustice nous écrasait, fermer les yeux lorsque la situation devenait insoutenable. Mais nous ne l'avons pas fait, nous sommes restés fiers et droits, même si le prix à payer était de s'engager dans une lutte sans merci pour la sauvegarde de nos idéaux.
Dès ce matin, les forces de l'ordre ont fait une descente dans le lycée. Nous ne nous y attendions pas et n'avons rien fait pour nous protéger : peut-être nous sommes nous montrés trop confiants… Mais les escarmouches de ce matin n'étaient rien comparées à la véritable bataille rangée qui s'est engagée à 14 heures. Une quinzaine de policiers, menés par l'EMS que nous avons vaincue hier, ont mené un assaut sauvage. Tirs à balles réelles, charges de fourgonnettes, bombes lacrymogènes, canons à eau : rien ne leur a semblé trop cruel ni trop fort pour mater le désir de liberté qui nous avait tous animé depuis hier.
En une journée, plusieurs dizaines de lycéens ont péri sous leurs tirs. Face à cette adversité, nous sommes parvenus à nous regrouper avant qu'il ne soit trop tard, mais nous n'étions que 53, sans aucun équipement, à les défier alors qu'ils massacraient les nôtres.

Après d'ardents affrontements, Jerry Golay et Julia Eyrague nous ont conduits jusqu'à un bâtiment préfabriqué qui nous sert d'abri de fortune. Nous avons commencé à nous remettre du choc et à panser nos plaies, provisoirement en sécurité : les soudards du gouvernement se sont repliés, sans doute mis en difficulté par notre défense héroïque. Mais nous savons tous que nous vivons là le calme avant la tempête et que bientôt l'orage nous rattrapera.
Heureusement, Drizzt Do'Urden, celui qui s'est si héroïquement opposé à l'EMS hier, allant jusqu'à frôler la mort pour défendre notre liberté, a quitté l'hôpital en avance et a tenu à venir nous prêter main forte. Malgré tous ces combats, malgré nos amis qui sont tombés devant nous, la même ferveur nous habite toujours, le même désir de faire éclater nos chaînes pour voler de nos propres ailes.

Notre propre destinée, mais aussi celle de toute la nation se jouera ce soir. Tous, nous nous battrons.

A 15h30, dans le camp des préfabriqués.
Paloma Eyrague & Andrew Gylson

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MessageSujet: Epilogue   Jeu 6 Mai - 0:28

Epilogue



Ainsi s'était terminée cette journée de chaos. Sous la pluie, comme autant de larmes qui tombaient pour regretter ces desseins vaincus. Au milieu du tonnerre, comme autant de cris exprimant une rage inassouvie.
Mais en ce jour de gloire, la victoire était aux mains des combattants de l'ordre.

Pourtant, la rébellion qui avait eut lieu la veille avait donné aux lycéens le sentiment que le monde s'ouvrait devant eux, qu'ils tenaient le pouvoir de changer les choses entre les mains, et ils étaient prêts à en user sans aucune modération.
Ils avaient commis l'erreur de croire que leurs ennemis étaient vaincus, qu'ils avaient du temps devant eux. Mais les EMS avaient su riposter à la vitesse de l'éclair, en s'alliant avec la police et en déployant les grands moyens pour étouffer dans l'œuf cette violente mutinerie. Dès le matin, un assaut leur avait permis de reconnaitre le terrain et d'instiller la peur parmi les révoltés. Mais c'était en début d'après-midi que le véritable spectacle de leur talent de guerriers avait commencé. En envahissant massivement l'établissement sous la direction de Waurf, en faisant feu sans hésiter sur leurs adversaires et en semant la panique parmi les lycéens désorganisés, ils avaient vidé les lieux d'une grande partie des adolescents.
Mais un groupe de résistants d'une cinquantaine de membres s'était réunis, sous la direction de Jerry, Kévin, Julia et Shone. Ils avaient tant bien que mal encaissé l'attaque de leurs adversaires, avant de se replier dans un préfabriqué, ultime refuge pour tenter de panser leurs blessures.
Waurf et ses deux coéquipiers, Sergo et Kion, ont tout d'abord cru à une menace de bombe. Ils ont vite mis en place une stratégie pour en finir avec les lycéens : en leur proposant une fausse trêve, ils les ont fait tomber dans un piège et les ont empoisonnés avec des pizzas assaisonnées de laxatifs. Drizzt, qui était remis de ses blessures et avait repris la tête des rebelles, s'était laissé berner par cet astucieux stratagème. Profitant alors de la nuit qui tombait, les forces de l'ordre ont lancé un fourgon blindé sur le préfabriqué retranché, puis ont traqué sans pitié les survivants affolés.
Ceux-ci, sous le commandement de Jerry, avaient mené l'affrontement du dernier espoir sur les toits du lycée, au sommet de ce lieu qui avait vu naître et disparaitre tant de rêves de violence et de haine.

Après que Drizzt, l'anarchiste idéaliste, et Jerry, le pyromane schizophrène, soient tombés sous les balles en même temps que Sergo, le militaire sans scrupules, Waurf tenta une ultime négociation.
- Allez-vous vous sacrifier en vain ? s'exclama-t-il avec force. Vos leaders ne sont plus, vos alliés ne sont plus, votre révolution est finie. Dès demain, de nombreux renforts de l'armée viendront. Vous avez échoué mais ne laissez pas votre combat être oublié. Les morts ne peuvent parler, mais si vous acceptez de cesser de combattre, alors là vous pourrez montrer à la face du monde, au Gouvernement votre volonté, votre passion, votre rage qui vous pousse à changer le monde. Si vous vous obstinez à vous battre jusqu'a votre mort pour cette cause perdue, vous trahirez non seulement vos amis mais aussi toute leur cause. Je vous implore, ne laissez pas votre ardeur être détruite aujourd'hui. Rendez-vous et demain toute la France saura ce qui c'est passé ici et alors peut-être que votre étincelle se rependra comme une trainée de poudre à travers la nation. Voulez-vous donner raison au gouvernement, trahir vos amis? Je suis intimement persuadé que non. Je vous en prie, rendez vous.
- Ca ce sont de belles promesses ! répliqua Shone mi-ironique, mi-désabusé. Mais on les a déjà entendues, il y a seulement quelques heures, quand vous avez décidé de nous trahir et de tous nous empoisonner. C'est en vous croyant encore, c'est en continuant à se comporter comme des moutons stupides, que l'on donnerait raison au Gouvernement. Depuis des années, tous, vous nous mentez, vous pensez que les jeunes ne sont bons qu'à baisser la tête et à obéir ! Mais ce soir, on va vous montrer votre erreur…
- Vous croyez que l'on peut encore entendre vos mensonges après votre trahison, après que tous nos amis se soient fait tuer, tuer par vous ?! ajouta Julia, les yeux plein de haine. Alors que ma sœur agonise et que sa vie dépend de mon courage ?! Non, jamais nous n'abandonnerons cette lutte ! Une fois vos cadavres livrés aux corbeaux, nous finirons cette révolution ! Cette ville est une poudrière qui attend juste qu'on lui mette le feu ! Nous soulèverons la population, tous ces jeunes insoumis qui attendent notre victoire pour être enfin libres de crier leur colère ! Ce soir, votre Gouvernement entendra nos cris de révolte, et la jeunesse de tout le pays, contemplant notre triomphe, se rebellera pour jeter à bas votre régime despotique et cruel. C'est dans le ciel de ce soir que nous déploierons nos ailes !
- Je ne répondrais qu'une seule chose : soit vous vous rendez et ils vivent, soit vous vous battez et j'ordonne aux pompiers de venir chercher les policiers seuls, menaça Waurf.
- Vos menaces ne fonctionnent plus : après que l'on vous aura battus, nous rassemblerons les autres rebelles dispersés, nous prendrons le contrôle de ce lycée et nous soignerons tous ceux que vous avez massacrés ! cria Julia.
- Alors adieu, conclut le chef de l'EMS. Kion, on envoie tout ce qu'on a !

Les gouttes tombaient du ciel d'encre, lavant le sang et les pêchés qui s'étalaient en ces lieux. Kion, son arme toujours au poing, regardait les corps étendus sur le toit, le visage vide de toute expression. Une main ferme et rassurante se posa sur son épaule.
- Nous avons accompli là notre travail.
L'asiatique ne détourna pas les yeux.
- Cela peut-il justifier… les moyens que l'on a employés ?
- Sans notre intervention, cette mutinerie estudiantine aurait dégénéré en une révolution, en un chaos sans foi ni loi. Ils auraient propagé la révolution dans le reste du pays, en répandant la violence partout où ils seraient passés. Bien vite, une petite révolte serait devenue une véritable guerre civile. Ton pays natal est en guerre, tu sais ce que cela représente. Aurais-tu voulu que la même chose ait lieu ici ? Que des milliers d'innocents meurent à cause d'une bande de crétins exaltés ?
Kion soupira, mais se redressa et se tourna vers son supérieur.
- Tu as raison… ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient. Nous les avons arrêté à temps et protégé l'ordre du pays.
- C'était notre boulot. Et maintenant qu'on l'a réussi, tu es la bienvenue dans notre pays. Ta carte d'identité française sera méritée.
Waurf attrapa son talkie-walkie.
- Skyeye, ici Waurf. Lycée sécurisé, opposants neutralisés. Demande évacuation de tous les blessés et fouille complète des lieux. Urgent : on a un équipier gravement blessé sur le toit.
- Reçu Waurf. Les renforts viennent d'arriver, ils vont investir les bâtiments. Un hélico va vous évacuer sous peu. Et bien joué, pour votre intervention.
Quelques instants plus tard, les pales d'un hélico se firent entendre dans le souffle de la tempête. Les deux membres de l'EMS levèrent les yeux, désireux de pouvoir enfin prendre un repos bien mérité.
- Faut encore qu'on fasse notre rapport… grogna l'homme. J'espère au moins qu'on aura une prime…



- - -


Rapport opérationnel de mission
Déploiement d'une équipe mobile de sécurité
lycée n°0770940 D


Objectifs de mission :
-Amener le Taux de Sécurité Scolaire (TSS) à une valeur supérieure ou égale à 80%

Objectif rajouté en cours d'opération :
-Préserver les locaux et mater la rébellion scolaire en cours par tous les moyens possibles.

Composition de l'équipe :
Agents Waurf, Sergo et Kion


Déroulement de l'opération :
Remontée du TSS dès le deuxième jour suite à l'élimination du principal vecteur de trafic d'objets variés. Premiers engagements avec des élèves concluants et présagent d'une efficacité certaine de l'équipe.

Au jour 3, un simple contrôle de routine à provoqué une véritable émeute, seuls et confrontés à de nombreux élèves, les EMS subirent une première défaite partielle avec deux membres sérieusement blessés. L'administration issua immédiatement un ultimatum de 24 h pour reprendre l'établissement.

Le jour 4 marque probablement la journée la plus riche en événements de cette courte opération. L'utilisation de groupes de policiers comme diversion et comme appui-feu permit à l'EMS de jouir d'un avantage stratégique indéniable dès les premières lueurs du jour. Quatre assauts furent effectués pendant cette brève journée. Le premier avait pour objectif de faciliter l'insertion d'un observateur en territoire ennemi chargé ensuite de saboter leurs réserves d'eau et de nourriture. Cet assaut a causé la perte de deux policiers et s'est soldé par un échec total lié à la stupidité des lycéens. Ceux-ci préférant se ravitailler au jour le jour au supermarché voisin. Le manque d'effectif nous empêcha de les contenir dans le lycée faiblement barricadé.
À 14h, nous avons lancé un second assaut avec toute l'équipe. Nous avons réussi à faire évacuer de nombreux lycéens malgré de nombreuses pertes de chaque coté. Les lycéens semblaient mal préparés et dirigés par un leader incompétent, ceux-ci tombant dans le piège classique de la tenaille.
Alors que l'opération suivait son cours, un rassemblement d'élèves à l'extérieur de l'établissement nous amena à craindre l'éventualité de la présence d'une bombe, d'où un repli immédiat.
Le troisième assaut fut catastrophique et déboucha sur la destruction d'un préfabriqué, d'une camionnette et de 3 policiers.
Conscients de la nécessité de gagner du temps pour planifier un assaut nocturne, nous avons effectué des préparations sur notre matériel pour obtenir un avantage. Dans le même temps, nous avons engagé des négociations avec les élèves, réussissant à leur faire accepter la présence des soldats du feu dans l'établissement, puis en leur faisant apporter des pizzas préalablement assaisonnées avec un mélange de laxatifs et de somnifères. Les laxatifs ont malheureusement provoqué une expulsion trop rapide des somnifères, compliquant ainsi notre tâche. L'assaut final se termina par une éradication totale de la révolution estudiantine. Les principaux leaders subissant le courroux de nos armes et plusieurs de nos vaillants camarades tombant sous les balles adverses.

Je recommande également l'attribution de médailles aux policiers et pompiers de la ville dans laquelle nous sommes intervenus, leur aide s'est avérée cruciale et leur courage exemplaire.

Nous nous tenons à votre disposition pour un débriefing complet.
-Waurf



- - -


Quelques jours plus tard, 20 heures, locaux de TF1

- Madame monsieur, bonsoir. Voici les titres de l'actualité en cette soirée. La guerre s'étend en Asie de l'est, maintenant que la Corée du Nord vient de lancer une offensive contre celle du Sud. L'Iran vient d'inaugurer dans un grand défilé sa première tête nucléaire, malgré les condamnations réitérées des Etats-Unis. Environnement, la Chine continue de refuser de limiter ses rejets de gaz à effet de serre, tandis que la pollution atmosphérique atteint un pic historique.
Après que les images correspondant à chacun de ces thèmes aient fini de défiler, la présentatrice regarda la caméra et colla sur ses lèvres refaites sont sourire le plus artificiel.
- Mais tout d'abord, retour sur des événements qui ont eu lieu récemment dans le lycée de la ville de Menours, en Seine-et-Marne. Un groupe submersible d'étudiants…
"Subversifs !" lui cria-t-on dans l'oreillette. Sans se départir de son sourire, elle se reprit et continua à lire les mots qui défilaient sur son prompteur. Elle n'y comprenait rien, mais était grassement payée pour les dire d'une voix sensuelle à des millions de téléspectateurs. Sa bourde serait rapidement coupée au montage.
- Un groupe subversif d'étudiants, apparemment liés au réseau terroriste Al Quaïda, a provoqué de violentes émeutes, blessant ainsi des centaines de lycéens et des membres des forces de l'ordre. Heureusement, une Equipe Mobile de Sécurité, rapidement envoyée sur place, a empêché que la situation ne dégénère et a arrêté les initiateurs de ce mouvement violents. Reportage de nos envoyés sur place.

- Le lycée 0770940 D avait la réputation d'être un établissement tranquille, agréable pour ses élèves et ses professeurs. Cependant, un groupe d'anarchistes terroristes n'a pas hésité à briser cette paix en prenant violemment possession des lieux. Sous la direction d'un révolutionnaire communiste et d'un dangereux psychopathe, ils ont détruit deux préfabriqués et ravagé la bibliothèque. Lorsque les forces de l'ordre ont tenté de leur faire entendre raison, ils ont répliqué avec des tirs d'arme à feu. Le gouvernement a immédiatement réagi en envoyant une Equipe Mobile de Sécurité sur les lieux. Prenant les choses en main, ses membres héroïques ont pu préserver l'ordre et la vie des habitants de cette ville. Pour les récompenser de leurs actes de bravoue, le Ministre de l'Intérieur leur a ce matin décerné la Médaille du Mérite, ainsi qu'à tous les policiers et pompiers ayant intervenu pour le bien et la stabilité de la nation.
Après les images de cette cérémonie où Waurf, Kion, Sergo et leurs alliés se voyaient ainsi honorés, le visage du Ministre apparu à l'écran pour un extrait de son discours.
- Voici là la preuve de l'efficacité incomparable de nos Equipes Mobiles de Sécurité, actuellement en train d'agir contre la violence dans tous le pays. Que ceci serve d'exemple à tous ces valeureux gardiens de l'ordre, mais aussi à tous ces rebelles cruels qui pourraient avoir envie de se dresser contre la démocratie. Jamais nous ne les laisserons gagner, car nul ne pourra jamais déstabiliser notre régime, soutenu par l'ensemble du peuple. Chacun de ceux qui aurait la folie d'agir pour établir un règne de violence sera impitoyablement entravé et arrêté, et ce afin de préserver le bien-être des habitants de notre pays. Toute révolution sera toujours promise à l'échec, quels que soient les moyens que nous devrons utiliser pour y arriver.
Et maintenant, mesdames et messieurs, une ovation pour nos héros du jour, courageux membres de l'Equipe Mobile de Sécurité, Waurf, Kion et Sergo !

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"Un sentiment, ça n'existe pas. Mais pourtant ça se sent. Parfois, ça brule. Ça peut faire du mal.
Mais, putain, ce que ça peut aussi faire du bien…
J'aime. Un mot peut tout dire et rien dire. Un sentiment peut tout espérer et rien attendre.
Un rêve peut tout promettre et à jamais être irréel."
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